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Le « bermuda-short » selon Zins

Plus court que le bermuda original qui couvrait le genou, le bermuda-short est le compagnon idéal de votre été, mais attention, c’est un vêtement délicat à manier dans ses proportions.

Dans la bonne longueur et le bon tissu, le bermuda peut concilier décontraction et élégance. Ici, un bermuda chino en coton, William de Zins.

Tout d’abord, il convient de bien faire la différence entre le bermuda et le short de vacances. Ce dernier peut être très court, avec une longueur à mi-cuisse, et dans sa version la plus chic, il peut même se parer des plus beaux atours du pantalon : pinces, ajusteurs latéraux, ceinture Ghurka et pourquoi pas arborer un revers.

Tout le monde n’a pas le corps d’Adonis

Votre allure sera alors très séduisante, mais ce short, qui renvoie volontiers à certaines origines militaires a ses exigences et votre silhouette au naturel se devra de l’être tout autant. En effet, tout le monde n’a pas un corps d’Adonis ou paré du nombre d’or de la morphologie de Mondo Duplantis, et le risque avec cette longueur, de ressembler à un joueur de pétanque, n’est pas négligeable ! Si vous surmontez ce premier obstacle de taille, sachez que le short est très beau lorsqu’il reste net et repassé. Son tissu doit avoir de la tenue.

Talentueux Mr Ripley

Trop ample, il flotte. Trop serré, il devient très inconfortable. Trop chargé de détails, il tourne à la caricature. Il faut donc le penser comme un vêtement à part entière, et non comme un pantalon écourté. Un double pli français lui conférera une très belle allure et un aspect vintage ; une taille légèrement haute renforcera cette impression. Avec un polo en piqué de coton torsadé, il évoquera une certaine idée de la dolce vita, entre les rivages méditerranéens et ceux du Talentueux Mr Ripley.

Version raccourcie

Pour ce type de modèle, mieux vaut privilégier les drills de coton très résistants, les tissus d’inspiration militaire tels que les Army Twill et avec eux, la sobriété de leurs couleurs d’origine : beige, kaki, blanc. Aujourd’hui, la valeur sûre se joue à 2 ou 3 centimètres au-dessus du genou, c’est là que se situe la bonne longueur du bermuda. Il aura non seulement du chic, mais se montrera également plus polyvalent. Il incarnera en quelque sorte l’héritage du bermuda anglais, connu de tout homme élégant, mais dans une version légèrement raccourcie. Idéal en vacances, il peut aussi se porter le week-end en ville. C’est sans doute celui qui conviendra au plus grand nombre. Dans cette version, on pourra s’amuser davantage avec les couleurs : bleu ciel, havane, terre cuite, rose adouci, vert anis ou vert Provence par exemple.

Vive la simplicité

Les plus sobres, naturellement, joueront les intemporels grâce aux beiges, au blanc ou au bleu marine. Côté matières, le champ est large : lin, coton, voire certains mélanges de lin et de soie donneront au bermuda un chic incomparable. Si vous choisissez de porter un bermuda coloré en coton, mieux vaut éviter les tons trop vifs et le choisir en version délavée, ce qui lui donnera un toucher plus doux et un aspect plus mat. Le bermuda étant un vêtement qui par nature demande de la simplicité, il convient de ne pas y ajouter trop de détails, à l’exception près de poches cargo sobres et fonctionnelles.

À rayures tennis ?

Une belle matière, une bonne longueur, une couleur juste, voilà l’essentiel. Trop de pinces, trop de surpiqûres, trop de poches, trop d’intentions, et le bermuda perd son naturel et vous fera rapidement ressembler à une caricature de touriste. Dans cette version, le « bermuda-short », comme l’appellent nos amis d’Outre-Manche, peut aussi devenir un atout maître de votre tenue s’il est illustré dans une rayure tennis en lin ou en seersucker de coton uni, voire même dans un joli carreau madras. Le nec plus ultra étant à mes yeux le seersucker de laine ton sur ton, inégalable pour passer de la sortie de plage à l’apéritif au couchant. Enfin, il reste bien sûr le bermuda original. Il a presque disparu aujourd’hui. Il était plus long, couvrait le genou, et relevait d’un autre imaginaire. À moins d’avoir un goût très sûr pour les chaussettes hautes, les uniformes anglais de lin blanc ou une certaine fantaisie coloniale, mieux vaut le laisser là où il appartient, c’est-à-dire au passé !

Par Frank Zins


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